Une idée qui reste enfermée dans un coin de l’esprit, c’est comme un trésor oublié. Pour qu’elle trouve sa place, rien ne vaut un support qui frappe juste : la présentation visuelle. Aujourd’hui, mettre en scène ses données et ses concepts n’est plus un luxe, mais une évidence.
Le rapport entre le client et l’infographie, illustré par l’échange avec SignalNoise, en est la preuve vivante. L’entretien avec Jer Thorp, figure reconnue de l’art des données, le rappelle : l’information peut surgir de partout, il suffit de savoir la mettre en forme. Nos designers, eux, ont leurs chouchous : six infographies qui les inspirent, à découvrir sans tarder. Quant à l’infographie B2B, elle pose des questions de fond et de méthode.
Face à un flot d’informations, comment choisir la structure visuelle qui leur fera honneur ? Voici 14 manières de mettre de l’ordre dans vos contenus, avec des exemples parlants et des conseils précis pour faire le bon choix.
Deux approches existent pour déterminer la présentation visuelle la plus pertinente :
- Plonger au cœur de vos données ou de votre récit. Interrogez-vous sans relâche : “Quel visage ces informations veulent-elles prendre ?”
- Explorer des centaines d’infographies pour repérer celle qui colle parfaitement à votre sujet ou à l’histoire que vous souhaitez transmettre.
Pour cet article, j’ai opté pour la deuxième voie (si vous préférez méditer en solo, libre à vous, mais ici, on avance !).
Comment j’ai procédé : Direction Visual.ly, plateforme incontournable pour les amateurs d’infographies et la communauté qui les fait vivre. Après avoir passé en revue des centaines de créations populaires, j’ai isolé 14 modèles visuels distincts. Je vous les présente, accompagnés de trois axes pour chacun :
À quel moment cette approche visuelle s’impose-t-elle vraiment ?
Quels points de vigilance côté design ?
Quels exemples ont fait leurs preuves ?
Les 14 modèles visuels
Anatomie
L’infographie anatomique dissèque un objet ou une idée volumineuse pour révéler ses rouages. Elle peut prendre une forme métaphorique, comme “L’anatomie d’un référenceur”, ou plus factuelle, à l’image de “L’anatomie d’un site web parfait”.
Pour quels usages ? Dès qu’il s’agit d’expliquer un ensemble complexe, comportant de nombreux éléments interconnectés et peu connus du public.
Conseil de design : Cherchez la clarté sans tomber dans l’excès de détails. L’objectif n’est pas de tout montrer, mais d’éclairer l’essentiel.
Quelques exemples : SeoMoz Anatomy of a Search Marketer, Anatomy of a Perfect Website, la série Imaginary Factory de Jing Zhang, The Brain of a Blogger par Infolinks.
Chronologie
Rien de tel qu’une frise pour dérouler les étapes d’une évolution ou illustrer une chaîne de causes et d’effets.
Pour quels usages ? Quand le temps, le changement ou la succession d’événements constituent le fil rouge de votre propos.
Conseil de design : Généralement, on commence par le passé et on avance vers le présent, sauf si l’origine historique est le sujet central. Gardez un œil sur la proportion des intervalles : trop de déséquilibre, et le message se brouille.
Exemples : Battlefield vs Call of Duty Timeline, The Inception Timeline (qui brouille les repères temporels avec talent).
Variations autour de la chronologie :
- Histoire de… Exemple : L’histoire des réveils
- Évolution de… Exemple : L’évolution du geek
Taxonomie
Classer, c’est donner des repères. Les taxonomies organisent la diversité et mettent en lumière la structure cachée derrière la multiplicité.
Pour quels usages ? Idéal lorsqu’il faut montrer les différences marquantes entre plusieurs sous-groupes.
Conseil de design : Réservez cette approche à des ensembles riches et variés. S’il n’y a que deux éléments, une comparaison côte à côte suffit ; pour un seul critère, pensez à l’échelle.
Exemples : Le panorama des types de graphiques, la carte Magnificent Multitude of Beer par PopChart Labs, ou leur impressionnant tableau 200 Super Pouvoirs.
Sous-genres de taxonomie :
- Tableau périodique, par exemple : Tableau périodique des facteurs de classement SEO, Tableau périodique du serment
- Arbre, par exemple : Eloqua Blog Tree
Carte
Impossible de rivaliser avec une carte pour situer, comparer et relier. Elle donne du relief à l’espace et à l’idée.
Pour quels usages ? Dès que vous souhaitez rendre visibles les notions de proximité, de distance ou d’orientation entre des éléments multiples.
Conseil de design : Intégrez le sens dans la disposition : la taille, la distance et la place doivent raconter l’histoire.
Exemples : Social Network Map par Flowtown, The Creative Process Map, ou encore l’expérience interactive Distance To Mars créée par David Paliwoda et Jesse Williams.
Ce contenu vous parle ? Partagez-le à votre réseau d’esprits curieux ! Tweetez. Partagez sur LinkedIn. Ou laissez un like.
Chutes et échelles
Le principe est connu : avancer, reculer, rebondir, dans un parcours semé d’aléas. Tout le monde démarre et termine au même point, mais le chemin diffère à chaque tentative.
Pour quels usages ? Parfait pour illustrer un processus où le but est partagé, mais où chaque trajectoire reste unique, semée d’obstacles ou d’accélérations.
Conseil de design : Les étapes sont rarement discutées, mais concentrez-vous sur les raccourcis et les retours en arrière, car ce sont eux qui retiendront l’attention.
Exemples : Credit Report 101, Marketing Chutes and Ladders par Insightera.
L’espace équivaut à l’espace
Dès la maternelle, on comprend que tout est affaire de proportions. Une infographie où la taille des éléments correspond à leur importance relative frappe par sa simplicité et son efficacité.
Pour quels usages ? À utiliser pour comparer des grandeurs ou des quantités disparates dont la relation surprend ou intrigue.
Conseil de design : Fixez une référence claire puis déclinez les comparaisons autour de ce point de départ. Changer de repère en cours de route brouille le message.
Exemples : What’s Smaller than Apple, How Big Are the Game of Thrones Dragons.
Échelle
Tout peut se placer sur un axe, du plus au moins, du meilleur au moins bon. Reste à choisir la bonne échelle et à la rendre lisible.
Pour quels usages ? Idéal pour trier, classer, prioriser des éléments selon un critère qui compte pour votre audience.
Conseil de design : Les échelles verticales mettent en valeur le sommet, tandis que l’horizontalité évite la hiérarchie trop marquée.
Exemples : Angry Birds Similarity Scale, Beard Reliability Scale.
Comparaison côte à côte
Le tableau comparatif ne ment pas : il pose les options, colonne après colonne, pour une lecture sans détour. Pratique pour trancher.
Pour quels usages ? À privilégier quand il faut évaluer rapidement quelques alternatives bien identifiées.
Conseil de design : Avec seulement deux éléments, la rivalité devient très lisible, presque frontale.
Exemple : Decision tree Geek vs Hipster
Arbre de décision
Guidage garanti : l’arbre de décision mène d’un point de départ flou à des conclusions multiples, avec une logique implacable ou un brin d’humour.
Pour quels usages ? Lorsque vous voulez accompagner visuellement et mentalement un utilisateur vers l’une des nombreuses issues possibles.
Conseil de design : Prévoyez à chaque étape des choix simples (une ou deux réponses), concluez par une recommandation claire et ne perdez pas de temps en route.
Exemples : Dois-je accepter cette demande d’ami?, Dois-je porter un pantalon de survêtement?, Dois-je vraiment me lever ?
Diagramme de Venn
Le diagramme de Venn n’offre jamais de solution parfaite : il révèle les compromis et, parfois, la zone idéale où tout se recoupe.
Pour quels usages ? Quand il s’agit de montrer qu’aucune option n’est parfaite, mais qu’il existe des terrains de rencontre. Ou pour mettre en avant la fameuse intersection gagnante.
Conseil de design : Au-delà de quatre cercles, la lisibilité chute. Restez sobre pour préserver l’impact.
Exemple : How do you want your graphic design? Pour une collection réjouissante de diagrammes de Venn : Diagrams Venn Fuck Yeah sur Tumblr.
Envie d’aller plus loin ? Jetez un œil à notre B2B Content Marketing Strategy Checklist.
À la fin, une bonne infographie, c’est une passerelle : elle transforme la complexité en évidence, et donne à vos idées la chance de toucher, convaincre, ou même surprendre. La prochaine fois que vous aurez une montagne d’informations à transmettre, pensez à la forme autant qu’au fond : c’est là que la magie opère.











